Le Blog du Cours Florent

Théâtre

Comme un tremblement de terre qui me serait personnellement adressé

Vimala Pons, l’électron libre

Elle a tout bien fait comme il faut, Vimala. Reçue à la Classe libre, puis au Conservatoire, lauréate du Prix Olga Horstig, elle a fait le bonheur de ses professeurs en affichant un caractère trempé et une curiosité à toute épreuve. Curiosité qui l’amène tout naturellement lors de ses études dans l’école nationale à visiter de l’intérieur une année entière le Centre national des arts du cirque. « Particulièrement obsédée, avoue-t-elle, par le fait précis de tenir en équilibre des objets sur moi. »

Ou pour mieux dire sur la tête. C’est ainsi qu’au Monfort, avec ses brillants camarades de jeu, Maroussia Diaz Verbèke, Tsirihaka Harrivel et Erwan Ha Kyoon Larcher, l’espiègle Vimala tour à tour extravague en plaçant sur elle des objets les plus inattendus. Il faut le voir pour le croire. Ivan Mosjouskine (c’est le nom du groupe) présente De nos jours (Notes on the circus). Le spectacle est né du « désir enflammé de faire parler le cirque, celui d’écouter enfin ce que le corps agissant a à dire et ce que la tête pensante a à faire. »

Ces circassiens sont avant tout (et réciproquement) des comédiens qui interrogent une forme de spectacle qui unirait de nombreux possibles. C’est drôle, divertissant, souvent insolite. C’est aussi tendre, cruel, merveilleusement virtuose et doué d’une jubilation poétique.

Il n’est pour s’en convaincre – mais ce serait superflu – que regarder les corps assouplis et les yeux pétillants des quatre larrons aux saluts de la fin du spectacle. Des yeux éblouis par le bonheur d’avoir partagé une aventure avec le public. Des yeux d’enfants étonnés d’avoir donné le meilleur.

Vimala, elle pourrait se contenter de mener une carrière plus classique. Elle pourrait sans problème enchaîner les films et les pièces. Nombre de metteurs en scène et de réalisateurs, j’en suis convaincu, ne rêvent que d’elle. A commencer par Bruno Podalydès qui la fit tourner pour le dernier Resnais, Vous n’avez encore rien vu. Elle y est l’Eurydice d’aujourd’hui aux côtés de son Orphée (le talentueux Sylvain Dieuaide). Il n’est qu’à voir le regard ému de Vladimir Consigny (Mathias, perdu d’amour fatal). Elle ne souffre pas de la comparaison avec ses glorieuses aînées, Sabine Azéma et la troublante Anne Consigny. Elle jette son naturel à l’écran qui lui renvoie l’exacte image de son talent.

Oui, elle pourrait être une actrice normale. Elle choisit une autre voie, plus périlleuse sans doute, mais plus exaltante, celle de la liberté.

 

François-Xavier Hoffmann

Plus d’informations: http://www.lemonfort.fr/agenda-programme/de-nos-jours-notes-on-the-circus

Qu’en pensez-vous ?

Extrait de l’interview de Fabrice Luchini dans le dernier Télérama :

« En règle générale, je ne travaille pas mes rôles psychologiquement. Les acteurs ont tendance à penser qu’il faut mettre de la vie dans un texte. Erreur ! La vie, c’est le texte. Celle de l’acteur ne doit pas lui faire obstacle. Je suis anti-Actors Studio. Nourrir d’états d’âme chaque geste ne résout pas l’essentiel, qui est la diction. Le but n’est pas de bien dire, comme les gens de la Comédie-Française d’il y a cinquante ans. Le but est de trouver le bon état. C’est par la pratique sonore de la phrase qu’on l’atteint. Par la fréquentation du texte, la connaissance de toutes ses variations possibles. Comme le professe Jouvet, un acteur, c’est une voix. »

À méditer… et à appliquer ?

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