Le Blog du Cours Florent

Théâtre

Images de Pékin

Deux mondes

Septembre 2008 Pékin a quitté ses jeux.

Quant à moi, je pars là-bas pour un an, mais je ne le sais pas encore.

François  Florent m’envoie enseigner le théâtre et le français à de jeunes chinois espérant étudier au cours Florent et au CLCF.

Je rentre dans un nouveau quotidien, je partage la vie de la grande cité, les gens me reconnaissent, puis me connaissent. Ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends, ce que je mange me transforment petit à petit.

D’un côté je partage ma culture et mon savoir avec les élèves, de l’autre je prends tout. Il me faut un média, il me faut pouvoir expliquer, exprimer, ce déplacement de moi-même envers moi-même. J’achète un appareil photo, je déclenche, et travaille mes clichés.

Je trouve un nouveau langage.

Après un an d’enseignement, de découverte et de projet, je rentre en France.

Ce qu’il me reste ? Des souvenirs, des nouveaux mots, un autre regard, et un appareil photo.

Guillaume Lavie

Homme tortue

L’avion

Balade aquatique

Le soldat et le peule N

Memories & Illusions

Memories & Illusions

Bohème, d’Olivier Steiner

1999 cours du soir,

2ème année,

il propose Duras, toujours,

il passe magnifiquement Rambert,

nous travaillons sur Beaumarchais,

d’autres aussi, beaucoup d’autres…

il est intelligent, drôle, angoissé… trop.

Une décennie plus tard,

il publie son premier roman chez Gallimard. C’est un livre fort, à ne pas rater.

Le roman d’une passion amoureuse : à la fin d’un spectacle un jeune homme glisse un mot à un metteur en scène célèbre dont il a croisé le regard.

– Est ce que je peux vous écrire ?

– Avez-vous peur de l’inconnu ?

– Que faites-vous quand vous trouvez une bouteille à la mer ?

Tout se dira travers des courriels qui, s’ils explorent le désir, plus encore nous disent l’absence, la sublimation de cet autre toujours ailleurs.

« La langue de Bohème est littéraire, à la fois actuelle et précieuse, l’écriture y est hystérisée par la distance et l’interdit »…

Christian Croset

 

Olivier Steiner, par lui-même

L’enfance est un territoire illimité. Je suis né à Tarbes le dimanche 15 février 1976, à 16h40. Je m’appelais Jérôme Léon et je vivais avec mes parents et ma sœur Stéphanie. Durant mes premières années j’ai souffert d’un bégaiement dit vulgaire – terme médical consacré – qui m’a tenu emmuré vivant jusqu’au collège. C’est particulier d’avoir des mots en soi et de ne pas être capable de les formuler. Quand on est au bord de dire quelque chose, il y a une expression : on dit qu’on l’a au bout de la langue. C’est un peu ça. Sauf que ce n’était pas un simple grain de sable que j’avais au bout de la langue, mais toute une plage.

Aujourd’hui je ne bégaie plus mais je reste bègue dans ma tête. Le bégaiement n’est pas une maladie mais un trouble, c’est pour la vie, comme la couleur des cheveux ou la taille.

Après le Bac, je quitte Tarbes pour Toulouse où je commence toutes sortes d’études : Médecine, Droit et enfin Lettres Modernes. Je me cherche. Je me mets à faire du théâtre et je veux être comédien. A 22 ans je quitte Toulouse pour Paris. Dans le train je décide de changer de nom. C’est un vieux fantasme. Ce sera Steiner, pour Duras, forcément.

Mais aussi pour Truffaut, Le Dernier Métro, film dans lequel Deneuve s’appelle Marion Steiner. Olivier vient naturellement. J’aime bien l’arbre et la sonorité du mot. Je ne réfléchis pas. Après, beaucoup plus tard, je fais le lien avec Lol V. Stein.

J’arrive à Montparnasse avec le grand sac en cuir noir de mon amie Sylvette et 2000 francs en poche. C’est drôle de remarquer que je parle d’une époque précédant l’euro. Je m’inscris au cours Florent. Olivier Steiner devient mon nom officiel, plus vrai que l’autre, celui de la naissance. C’est pour cela que je n’aime pas trop le terme de pseudonyme qui sous-entend quelque chose de faux ou de rajouté. Je m’invente avec Olivier Steiner. C’est un nom de vie, plus vrai que nature.

Comédien, ça ne marche pas. J’arrête. Je suis nul aux castings, intimidé et agressif. Je ne travaille pas assez. Je crois que je ne suis pas mauvais mais je n’aime pas dépendre du désir de l’autre. Je préfère être celui qui désire.

On écrit, on sait écrire, on aime ça et puis un jour ça devient grave, on décide qu’on ne fera que ça. Ce choix est mystérieux. D’ailleurs, est-ce totalement un choix ?

En mars 2012 je publie Bohème, mon premier roman chez Gallimard dans la collection Blanche.

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