Le Blog du Cours Florent

Théâtre

Lire le théâtre contemporain

Le Théâtre National de la Colline a envoyé un de ses dramaturges, Gérard Elbaz, dans une des classes de Georges Bécot. Pendant trois séances ce passionné de littérature théâtrale contemporaine a échangé son amour des textes avec les élèves.

« Qui est cet illuminé ? » « C’est quoi ce cours ? »
Ce sont les questions que je me suis posées tout au long de la première séance de lecture avec Gérard Elbaz.
Ce monsieur est un passionné des textes, de la dramaturgie, du théâtre. Lors de la première séance, il nous fait découvrir des textes de Michel Vinaver. Il nous amène au débat, sans jugement, sans vérité, juste à l’échange de pensées, entre nous, avec lui, avec nous. Il dissèque le texte, dramaturgiquement parlant, et nous guide de son œil pétillant.
Dubitatifs ou conquis, nous repartons tous avec des lectures dans nos cartables.
Quinze jours plus tard, chaque groupe de lecture présente son texte… et le débat commence…
La passion contagieuse de Gérard nous gagne, les orateurs s’expriment, ceux plus en retenue se révèlent, le cercle des poètes disparus est ressuscité.
Je découvre des textes, des auteurs, des styles d’écriture et même mes compagnons de route que je vois sous un autre angle.
Le cercle se réduit comme peau de chagrin pour la troisième séance, tout comme le nombre de textes présentés. Mais peu importe le nombre tant qu’il y a la découverte et,
quelle découverte !
Dénommé Gospodin de Philipp Löhle me touche et m’emporte dans un débat enflammé et passionné qui devient, avec mes camarades, passionnant.

Photo de Philipp Löhle © Julia Stix
La séance terminée, nous demandons innocemment à Gérard Elbaz quand nous nous revoyons. « C’était la dernière », nous dit-il.
Nous repartons alors, partagés entre la nostalgie de ces instants de vie que nous avons partagés et la passion fraichement réveillée et toujours en nous.
Au premier abord, étranges, ces séances m’ont fait découvrir des textes, au-delà, elles m’ont fait vivre des moments privilégiés et riches en partage.

Yannick Capmarty

Elève de Georges Bécot

1ère année

 

Éloge de la critique

L’art est facile, la critique est difficile – Jean-Michel Ribes

Bibliothécaire de la Comédie-Française pendant trente ans, Jacqueline Razgonnikoff publie aux Éditions Artlys une anthologie de textes vivifiants dans lesquels les critiques s’interrogent sur leur engagement.

« Faire de la critique », qu’elle soit littéraire, artistique, musicale, dramatique, ou cinématographique, peut paraître une démarche totalement paradoxale, suscitant des interrogations : est-ce un métier, une vocation, un pensum ? S’agit-il pour le critique, comme le disent certains, de servir d’intermédiaire entre l’œuvre et le public, s’agit-il, comme l’affirment d’autres, de se chercher soi-même dans l’analyse des œuvres conçues par les artistes ? Est-ce une façon, de s’affirmer en tant que juge, ou n’est-ce qu’une manière de combler sa propre inertie à créer ? Peut-être aussi n’est-ce que la manifestation du plaisir que l’on a à partager les émotions artistiques ? Les critiques eux-mêmes, en s’interrogeant sur leur propre métier, n’en ont pas fini d’essayer de comprendre, et de déterminer les raisons de leur engagement…

…J’ai beaucoup feuilleté, beaucoup lu en diagonale, beaucoup pris de notes au cours de ma vie professionnelle et au cours de mes lectures de loisir. J’ai donc vagabondé tout autant dans cette branche dite « ingrate » et annexe de la littérature que dans les textes littéraires eux-mêmes. C’est lors de ces vagabondages que j’ai récolté une partie de ce que je vous propose de partager avec moi…

…De Diderot aux journalistes de notre époque, les opinions se répondent, se contredisent, se complètent, se combattent, se confirment. Au détour de leurs phrases, il est passionnant de débusquer la profonde sincérité des uns, la souffrance des autres, l’indulgence de ceux-ci, la cruauté de ceux-là…

Jacqueline Razgonnikoff

Enjeu et envie

Depuis le temps qu’il m’a été donné de participer à des jurys de concours, force est de contaster, avec inquiétude parfois, avec amertume souvent, avec regret toujours, que, si les candidats ne sont pas retenus, c’est qu’ils n’étaient pas au bon endroit.

Ils se sont trompés sur le choix des scènes; les textes élus ne révèlent pas au mieux leurs aptitudes du moment – ou alors ils n’ont pas assez fouillé, examiné, décortiqué les partitions; partant, on assiste, impuissants, au survol, au décalage, à l’exercice de style où la forme présentée n’est bien souvent qu’un cache misère – ou enfin, et je pourrais à l’envi énumérer d’autres exemples, ils n’ont pas assez sollicité la voix (et ses nuances) et le corps (et son énergie) pour faire éclore un moment qui leur fera franchir le cap.

C’est la vie et le jeu, au sens plein des deux termes et indissociablement joints, qui manquent le plus cruellement dans les scènes de concours.

Ne pas croire au miracle, ne pas laisser son ardeur en jachère, mais travailler à réunir ses propres qualités et les offrir.

Alors, et seulement alors, on aura envie de vous faire entrer dans le jeu.

François-Xavier Hoffmann

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